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Femme écrivain canadienne : les spectacles de Shen Yun présentent ses motivations purement politiques
2017-06-08  sources:theglobeandmail.com  Auteur:Martha Schabas

Préface : Le 3 mars 2017, le site de The Globe and Mail, un journal canadien, a publié un article écrit par Martha Schabas qui est une femme écrivain, critique de spectacles de danse et créatrice artiste. L’auteur exprime sa vision après avoir assisté à un spectacle de Shen Yun qui est une compagnie d’art affiliée au Falun Gong et critique Shen yun qui propapge le Fanlun Gong sous le nom de l’art et qui présente ses motivations purement politiques.

Martha Schabas

Depuis sa fondation, Shen Yun Performing Arts suscite des polémiques à tout temps. En fait, c’est sa couleur politique qui trouble les spectacles.

Ces derniers mois, si on était dans le Grand Toronto, on a vu sans doute les affiches et  les panneaux publicitaires de Shen Yun. Son image diffusée semble colorée. Au premier plan, la danseuse active se présente en faisant des vagues par ses manches longues de soie. Depuis le décembre de l’an dernier, cette image est presque partout. On peut la voir du deux côté de l’autoroute Gardner, dans les stations de bus, au mur des cafés et dans les laveries automatiques. Ses couleurs permettent de donner un sentiment tranquille. Si on jette un coup d’œil en passant, personne ne va imaginer que Shen Yun a suscité des polémiques.

Mais en réalité, Shen Yun, une compagnie d’art fondée en 2006 par un disciple du Falun Gong, suscite à tout temps des polémiques. Bien que Shen Yun se développe rapidement ces dernières années et qu’il fasse des tours de spectacles dans le monde, en Chine, il est considéré comme un outil de propagande contre le gouvernement. L’Ambassade de Chine aux Etats-Unis a remarqué  dans son site que Shen Yun organise non seulement des spectacles du goût médiocre et du bas niveau, il s’établit comme un outil politique pour propager l’esprit pervers. Dans les interviews de The Globe and Mail en 2010, les fonctionnaires charges de diffusion dans le consulat de Chine à Toronto ont appelé le public pour qu’il n’assiste pas aux spectacles de Shen Yun. Ils l’ont nommé « le spectacle tartuffe ».

Pour la part de Shen Yun, il se vante tout au contraire, il se dit qu’il présente les 5000 ans de culture chinoise que le PCC tente de détruire.

Cette déclaration si exagérée suscite ma curiosité. Ainsi j’ai voulu assister à un spectacle de ce genre.

Avant d’aller à Four Seasons Centre pour voir ce spectacle, j’ai fait des recherches. Le site de Shen Yun semble bien raffiné et planifié, dans lequel il y a des vidéos d’interview des danseurs, sous le contexte des doctrines dites divine du Falun Gong et des histoires de soi-disant « répression ». Mais, aucun moyen de contact valable n’existe dans ce site. J’ai appelé le seul numéro affiché dans ce site. Mais ce numéro est juste une hotline 800 américaine. Le résultat est vraiment bizarre, car c’est les volontaires d’un service de communication affilié à l’organisation du Fanlun Gong de Toronto qui m’ont rappelée. Ils m’ont dit que Shen Yun n’offrait pas les billets pour les média et que les « artistes » n’acceptaient pas d’interviews.

Puis, j’ai composé un numéro de téléphone pour le service de presse du consulat de Chine. Mais cet appel est commuté dans une messagerie remplie. Enfin, le service m’a demandé une demande d’interview envoyée dans l’e-mail : torontochina2011. Ensuite, ma demande était refusée, mais le consulat m’a donné des liens concernant des commentaires passifs pour les spectacles du Shen Yun, y compris des commentaires d’une seule étoile dans le site Yelp (note : Yelp est le plus grand site de commentaires aux Etats-Unis).

Dans Four Seasons Centre, il y avait plus de 2000 places. Les billets pour le premier spectacle étaient presque tous vendus. J’ai scanné le programme et j’ai constaté que la félicitation du gouverneur de Canada, David Johnston, et du maire de Toronto, John Tory occupait une page toute entière. Le maire ne félicitait que leurs spectacles à Toronto. Le gouverneur avait tendance à faire des commentaires, il a dit qu’il croyait « la créativité et l’élégance » du Shen Yun.

Après le spectacle de plus de 2 heures, je dois dire que les commentaires du gouverneur ne sont pas tout à fait corrects.

Dans le programme, il y avait 17 épisodes de danses courtes et 2 spectacles de la musique. Sans aucun doute, entre autres, j’ai vu l’élégance de la technique des danseurs. Mais sur le contenu et la structure, je pensais que la créativité y a manqué.

Dans le spectacle, il y avait deux animateurs, un homme et une femme. Ils présidaient en deux langues. Ils étaient bien habillés. Ils portaient des sourires calmes. Ils faisaient de brèves présentations et interprétations pour chaque numéro de spectacle, il semblait qu’ils présidaient une émission d’enfants. En effet, les spectateurs voulaient qu’ils président d’une manière plus intelligente et vive. Pour ce moyen bref et didactique de présider, ils croyaient que cela ne méritaient pas d’y assister.

L’ambiance classique chinoise et les caractéristiques ethniques auraient bien attiré les spectateurs, mais la mise en scène et l’intention évidente de diffuser leur valeur l’a minimisé. Tous les spectacles étaient présentés devant un grand écran sur lequel il y avait des chutes, des collines et des temples à haute résolution fabriqués par l’ordinateur. Dans plus de moitié de spectacles, l’entrée et la sortie des acteurs employait toujours le moyen ci-dessous : d’abord, des images fabriquées par l’ordinateur passaient par les vues d’animation et y volaient ; puis, la scène se concentrait sur les danseurs. Cet effet visuel ne suscitait pas du tout l’ambiance classique chinoise. En revanche, cela ressemblait bien aux shows à Las Vegas. Le spectacle passionné du tambourineur tibétain, les danses exquises de bol mongolien et les musiques ethniques des Song étaient toutes minimisées par cette scène clinquante. Ce problème s’est présenté aussi dans le choix des couleurs : les vêtements colorés pour les spectacles étaient toujours couverts par l’étincellement du fond de l’écran.

De plus, la couleur politique était évidente dans certains spectacles.

Un spectacle nommé « A Child's Choice » présentait la soi-disant persécution des pratiquants du Falun Gong. Les enfants des pratiquants retrouvaient leur organisation – Falun Gong des années plus tard. En même temps, une figure semblant bouddhiste apparaissait au grand plan sur l’écran.

Un autre spectacle nommé « La bonté infinie » racontait des histoires fantastiques. Un disciple du Falun Gong a été tué pendant sa pratique du matin. Puis, la scène sur l’écran présentait une image où le nuage en champignon de l’explosion couvrait une ville moderne, des gratte-ciel et des rues étaient tous détruits. Cependant, une figure comme un Dieu surgissait dans l’auréole blanche. Ensuite, les poussières se sont dissipées. Les auréoles d’or étaient remplies. Tout un coup, le disciple mort a revécu.

Cela m’a fait penser : si ce post-matérialisme et l’apocalypse du millénaire constitue la doctrine clé du Falun Gong, pourquoi les spectacles de Shen Yun comprennent cette partie ? Il est difficile de distinguer les arts qui soutiennent le développement de quelque chose des arts qui propagent la fin politique. Mais « La bonté infinie » a présenté que dans l’apocalypse moderne (L’Apocalypse dans La Bible décrit la scène du jour du jugement), il fallait soutenir le Falun Gong pour être sauvé, cette situation a dépassé la limite. Dans les spectacles, un solo a prouvé le sens inédit de propagande.

Le chanson du ténor, Tian Ge, a exprimé qu’il était nécessaire d’attirer plus de pratiquants du Falun Gong pour être sauvé et entrer au paradis. Les paroles de chanson portant le trait « religieux » étaient affichées en le plus grand point et en deux langues (chinois et anglais) sur l’écran.

Toutes les choses que j’ai susmentionnées m’ont obligé à penser qu’il y avait quelqu’un qui m’a ordonnée de faire quelque chose.

Près de la fin des spectacles, l’animateur, Leeshai Lemish, a rappelé que les tours de spectacles du Shen Yun apporteraient de nouveaux spectacles chaque année. « Ainsi, même on y a assisté, on n’a pas tout vu ». Mais dans le soir-là monotone et long, mon sentiment m’a dit que j’ai déjà « tout vu ». Les spectacles se ressemblaient l’un à l’autre. Ils avaient tous mission de propager la même valeur pour arriver aux même effets. Il n’y aurait pas de changement pour les prochains spectacles. La plus inquiétante est que les contenus concernant la religion et la politique ne se sont pas affichés dans leurs publicités. Ils ont promis aux spectateurs de présenter des arts classiques disparus. Mais dans les scènes, il n’y avait que des propagandes inédites du Falun Gong.

Un bon art ne peut pas se produire en manipulant les opinions publiques. Si Shen Yun veut purement présenter l’art, il lui est nécessaire de se concentrer sur le travail difficile et incalculable concernant l’art. Dans cette compagnie, sans aucun doute, il y a des danseurs talentueux et aussi des orchestres versés dans les instruments classiques occidentaux et orientaux. Mais dans la situation présente, quand on achète le billet couteux, on ne sait pas les motivations purement politiques de Shen Yun.

Présentation d’auteur : Martha Schabas est une femme critique de spectacles de danse et créatrice artiste dans The Globe and Mail au Canada. Ses articles, commentaires et romains sont souvent publiés dans The Globe and Mail, The New Quarterly, ELLE Canada, Broken Pencil et Maisonneuve. Schabas a reçu David Higham Literary Award. En 2012, une émission de lecture de  la Société Radio-Canada (SRC) a dit que « ses œuvres s’alignent sur les œuvres de dix femmes écrivains qui méritent d’être lues ».

Le lien de l’article en version originale :

http://www.theglobeandmail.com/arts/theatre-and-performance/inside-shen-yuns-delicate-dance-between-politics-and-thestage/article34201842/

 

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